Nettoyage de la bielle du condenseur

Nettoyage

Nettoyage de la bielle

Il y a une semaine, Christian et Sébastien ont poursuivi la remise en service du condenseur (pompe à air).

Ils se sont attaqué à la bielle. Un grand nettoyage s’imposait !

La première étape consistait à laisser tremper les différentes pièces dans du gazole pendant plusieurs jours semaine afin d’enlever sans effort les graisses, huiles et autres poussières accumulées.

Ensuite un peu d’huile de coude, quelques mètres de papier de verre et de la patience sont nécessaire pour nettoyer les pièces métalliques des différentes traces de rouille et autres dégats du temps.

Christian et Sébastien

Christian et Sébastien au nettoyage

Les pièces une fois nettoyées doivent être remontées sur la bielle.

Bielle du condenseur

Remontage de la bielle

Aujourd’hui, pour obtenir une pièce aux fonctionnalités identiques, on utiliserait un roulement à billes. La machine à vapeur Crépelle est de 1913, date à laquelle les roulements à billes en acier était déjà utilisés dans les vélos (≃ 1890) et peu après dans l’automobile. Il est probable que la conception technique d’Ernestine soit antérieure ou que les roulements à billes de l’époque n’était pas utilisable sur ce type de mécanique.

Ce qui nous amène à une petite explication du système utilisé :

Schéma du système

Schéma du système

Faire frotter de l’acier sur de l’acier n’est pas bon (chauffe, usure). C’est pourquoi il y a 2 pièces de bronze (représentées sur la droite du schéma) destinées à accueillir l’axe. Ces 2 pièces sont rainurées (visible sur la pièce en bas à droite) afin de pouvoir huiler le système.

Un autre point particulier à noter : pour ajuster les pièces de bronzes, 2 pièces en acier coulissant l’une sur l’autre sont utilisées. Elles sont de profil  trapézoïdal. Cette astuce permet d’obtenir 2 bords parallèles (voir // sur le schéma) dont on peut diminuer ou augmenter la distance.

C’est également un système n’utilisant aucune vis !

Ci-dessous, des photos du nettoyage :

Déplacement du récupérateur de vapeur

Il existe un gros machin sous la machine à vapeur Crépelle habituellement plongé dans la pénombre : la pompe à air. Que j’appelais il y a peu un “récupérateur de vapeur”, ne connaissant pas la dénomination officielle (Christian m’en a donné le terme exact). Et bien que l’on parle de pompe à air, l’élément pompé est bien de l’eau ;-)

Récupérateur de vapeur

Pompe à air sous Ernestine

Ernestine étant désormais mue par air comprimée, la pompe n’est pas utile et avait été déconnectée.

Elle reste néanmoins un élément indispensable de cette machine à vapeur. Son rôle est de récupérer la vapeur en sortie afin de la réinjecter dans la chaudière. La consommation d’eau s’en trouve ainsi extrêmement réduite.

Le but de la manœuvre est de reconnecter la pompe à Ernestine.

Récupérateur de vapeur

Partie à reconnecter

Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, il y a tout au plus une dizaine de centimètres à parcourir.

Sauf que :

  • la pompe est tout en acier (donc très lourd),
  • et il faut la positionner précisément.

Il va donc falloir placer dessous des barres afin de la faire rouler.

Christian et Lionel

Christian et Sébastien

Lionel

Sébastien sous Ernestine

Comme vous pouvez le constater sur la photo de droite, les lieux sont exigus.

On ne tient pas debout et il faut disposer d’un vêtement de travail si on ne veut pas raccourcir la durée de vie de ses vêtements du dimanche.

Il n’est également pas possible d’amener des équipements plus gros qu’un cric.

La méthode :

  • un cric,
  • des calles en bois,
  • deux barres,
  • beaucoup de patience,
  • un dos ou des genoux en bonne santé…

Une fois la pompe correctement positionnée, il faudra ensuite utiliser une barre de liaison pour la relier à Ernestine.

La pompe est mue par le mouvement de la machine à vapeur.

Il reste encore à installer la bielle :

Ernestine

sans la bielle

Barre de liaison

avec la bielle

Visiblement la bielle a souffert elle aussi de la rouille. De plus la photo est trompeuse puisque la barre n’est pas encore installée.

Christian

Christian

Lionel et Christian

Sébastien et Christian

Elle a été posée afin de pouvoir prendre des mesures et se rendre compte d’éventuels problèmes de décalage.

Il reste encore du travail, des pièces à ajuster, à nettoyer etc.

Vous trouverez ci-après une petite galerie photos des opérations.

Nettoyage et prévention de la rouille

L’ennemi naturel du CHS, exception faite du Trésor Public (mais c’est l’ennemi naturel de tous ;-) ), c’est la rouille !

Et c’est probablement l’aspect le plus démoralisant du travail du CHS. Expotec étant situé sur l’Aubette, l’humidité s’infiltre dans les bâtiments. Il nous arrive même en hiver de retrouver de la rosée sur les machines…

Il faut donc régulièrement passer un coup de papier de verre ou de tampon à récurer et finir par du gasoil appliqué au pinceau.

Nettoyage d’Ernestine

Nettoyage au papier de verre

Nettoyage d’Ernestine

Nettoyage au tampon à récurer

D’ailleurs, ce samedi 6 février, Christian et Lionel se sont occupé d’Ernestine avant de s’attaquer au déplacement du récupération de vapeur.

Lionel

Lionel passe du gasoil au pinceau sur Ernestine

Vidéo de la Merlin

Voici une vidéo du moteur de la locomobile Merlin du CHS :

Le musée du moteur de Saumur dispose d’une locomobile en parfait état de marche :

Il y a également des démonstrations de locomobile Merlin :

Présentation de la locomobile Merlin

La locomobile Merlin est la combinaison d’une machine à vapeur fixe et d’une chaudière montée sur essieux.

Elle était utilisée dans nos campagnes au début du siècle dernier pour entraîner des moissoneuse et des batteuses.

Machine à vapeur Merlin

Machine à vapeur Merlin

Locomobile Merlin

Chaudière de la locomobile Merlin

Nettoyage de l’arrivée de vapeur

À l’instar des tiroirs d’admission, la commande d’arrivée a aussi eu droit à un nettoyage.

Commande de la machine Crépelle

Nettoyage de la commande d’arrivée

Pièce de la machine Crépelle

Nettoyage de la pièce mobile

Nettoyage de l’arrivée de la vapeur

Nettoyage de l’intérieur

Arrivée de la vapeur

Intérieur de l’arrivée de vapeur

Démontage des tiroirs de distribution

Parce qu’il faut bien faire un nettoyage de temps en temps, les tiroirs d’admission d’Ernestine ont eu droit à ce traitement de faveur.

Chaque tiroir va d’un bout à l’autre de la machine dans le sens de la largeur.

Admission démontée

Bouchon du tiroir d’admission

Une fois le tiroir retiré, il suffit de regarder dedans pour voir et comprendre le parcours de la vapeur.

Zoom sur l’admission

La vapeur entre par dessus et sort par dessous

Le tiroir ressemble à une grosse barre évidée. L’encoche permet à la distribution Corliss de positionner le tiroir.

Tiroir d’admission démonté

Tiroir d’admission

Admission démontée

Bouchon du côté de la distribution

Admission démontée

Tiroir d’admission retiré

Vidéo de la Crépelle

Vidéo montrant la machine à vapeur Crépelle en mouvement ainsi que l’action de la distribution Corliss.

Présentation de la Crépelle

Ernestine est une machine à vapeur monocylindre à distribution Corliss d’une puissance de 175 chevaux.

Elle vient de la commune de Monchaux-Soreng, dans la Seine-Maritime et date de 1913.

Machine Crépelle

Ernestine, machine à vapeur Crépelle

Machine Crépelle

Vue arrière sur la distribution Corliss

La distribution par pistons-valves

Description du système Dujardin

Il se caractérise par l’emploi de pistons distributeurs,indépendants pour l’admission et l’échappement,installés dans les fonds des cylindres.Le distributeur d’admission est verticale celui de l’échappement est horizontal

Les figures 1 et 2 donnent les coupes longitudinale et transversale de l’ensemble d’une machine.

fig. 1 : Coupe longitudinale de la Dujardin

fig. 1 : Coupe longitudinale de la Dujardin

fig. 2 : Coupe de la distribution de la Dujardin

fig. 2 : Coupe de la distribution de la Dujardin

Le cylindre est à double paroi formant l’enveloppe de vapeur ; les fonds de cylindre contiennent les organes de distributions constitués par des lanternes cylindriques percées sur toute leur périphérie de lumières verticales débouchant dans un canal circulaire aboutissant au cylindre (fig. 3)

fig. 3 : Lanterne (admission)

fig. 3 : Lanterne (admission)

Un piston distributeur (fig. 4) dit “piston-valve” se meut dans chacune des lanternes ; ce piston est un anneau cylindrique garni extérieurement de segments et intérieurement de nervures reliées à un moyeu centrale qui sert de point d’attache à la tige de commande.

fig. 4 : Piston distributeur

fig. 4 : Piston distributeur

Quand l’anneau mobile formant le piston-valve est en regard des lumières la communication avec le cylindre est interceptée ; un déplacement verticale découvre les lumières et donne passage à la vapeur. La vapeur remplit les fonds de cylindre et traverse les pistons-valves constituant en quelque sorte le prolongement du tuyau d’arrivé de la vapeur. La vapeur ne pénètre dans le cylindre que lorsqu’un piston-valve est soulevé par le mécanisme de distribution.

Les organes d’échappement sont enfermé dans une sorte de cloche venue de fonte avec le fond et entourée par la vapeur vive. Quand le piston-valve se soulève, les lumières sont découvertes et la vapeur s’échappe au condenseur ou à un cylindre, si la machine est à double expansion. Les pistons-valves étant annulaires et traversés par la vapeur se trouvent parfaitement équilibrés et peuvent travailler sous de fortes pressions et à de grandes vitesses sans fatigue pour le mécanisme de distribution.

La commande des organes de distribution est réalisée de la manière suivante : le mouvement de l’arbre moteur est transmis par des engrenages coniques à un arbre parallèle à l’axe du cylindre il entraîne deux excentriques munis de bielles et de leviers convenablement combinés, qui actionnent d’une part le mécanisme d’admission et d’autre part, le mécanisme d’échappement.

Pour l’admission, une bielle reliée à l’un des excentriques s’articule avec un levier qui, pendant la période de traction, entraîne, par l’entremise de la palette de déclic, la fourche d’accrochage du piston-valve qui oscille elle-même autour du même axe. La palette venant rencontrer un galet dont la position dépend de celle du régulateur, le déclenchement se produit automatiquement au moment voulu et, la solidarité entre le levier et la fourche n’existant plus, le piston-valve redescend vers la position de fermeture. La seconde phase du mouvement de l’excentrique ramène la palette à la position d’accrochage.

Quand la vitesse du moteur tend à s’accélérer, le régulateur fait avancer le galet de déclic au-devant de la palette et provoque ainsi un déclenchement plus rapide. Il arrive même, en cas de décharge brusque de la machine, que le galet s’oppose à l’enclenchement de la palette, ce qui supprime totalement l’admission.

Inversement quand la machine tend à ralentir, le régulateur descend et éloigne le galet de la palette, ce qui retarde le déclenchement et prolonge l’admission. Si le régulateur descendait à fond de course, il pourrait arriver qu’il n’y ait plus de déclenchement ce qui se traduirait par une admission totale et continue de la vapeur.

Pour éviter cette éventualité, on a disposé sur les arcades qui surmontent les pistons-valves un levier à contrepoids que l’axe du galet de déclic peut faire basculer quand la descente du régulateur dépasse une limite déterminée. En basculant, ce levier fait saillir une came ou doigt qui rencontre la palette et s’oppose à l’enclenchement.

L’admission de vapeur est alors totalement supprimée et la machine s’arrête automatiquement. En pratique on règle cet agencement pour qu’il ne fonctionne qu’en cas d’arrêt accidentel du régulateur ; c’est alors un dispositif de sécurité qui s’opposerait à l’emballement de la machine, si la distribution n’était plus contrôlée par le pendule.

En cas de besoin ou d’urgence, les leviers d’arrêt automatique peuvent être manœuvrés à la main ; supprimant instantanément les admissions, cette manœuvre permet d’arrêter la machine aussi promptement que possible. Pendant le mouvement ascendant du piston-valve d’admission, un piston amortisseur, enfermé dans un petit cylindre et porté par la tige de commande du piston-valve comprime un ressort qui au moment du déclenchement se détend brusquement et ramène l’obturateur en regard des lumières, coupant ainsi franchement l’admission.

Le piston amortisseur est établi de manière à emprisonner, pendant la descente un certain volume d’air qui se comprime et forme un coussin pour éviter un arrêt brusque.

Remarquons que dans ce système de distributeur par pistons-valves, les variations des longueurs des bielles et leviers de distribution de la machine, sous l’influence des dilatations,n’ont aucune influence sur l’obturation, car la hauteur et la durée de la levée du piston-valve sont toujours automatiquement réglées par la position du régulateur. On a ainsi une marge de quelques millimètres pour les dilatations.

fig. 5 : pistons-valves d’admission (avant/arrière) et d’échappement

fig. 5 : pistons-valves d’admission (avant/arrière) et d’échappement