Ce 22 septembre, dans le cadre des Journées du Patrimoine Industriel 2002, à l'initiative
du C.H.S., la corporation des imprimeurs était à l'honneur par l'inauguration de l'atelier
typographique.
Dans ce vaste moulin Saint-Gilles, à la longue histoire-le premier document écrit le
concernant est daté de 1204- et où se regroupent tant de témoins de l'épopée du travail, de la
machine à vapeur aux métiers à tisser en passant par les machines outils, était inauguré
officiellement par le Maire de Rouen et le premier vice-président de la Chambre des Métiers
ce nouvel atelier.
Autour de la vénérable presse en fonte avec son levier entraînant la puissante vis à quatre
filets étaient réunies la « Minerve » qui porte allègrement ses 120 ans, la « Parfaite » qui au
début du 20eme siècle imprimait à plat les double-colombiers sous la pression de son rouleau
de 600 kilogs, le puissant massicot, les marbres,... .Mais aussi le vieux coffre aux déchets de
papier (le recyclage n'est pas né d'hier),les casses avec la diversité des caractères en plomb
ainsi que les étagères qui elles reçoivent les grands caractères en bois. Les accessoires aussi
sont là : les composteurs, les presses à épreuves,... .Et aussi une linotype.
L'important est que toutes ces machines fonctionnent : la presse a sorti les affiches de la
manifestation et imprimait un « diplôme-souvenir » que les visiteurs réclamaient. L'équipe
de typos, après avoir aménagé l'atelier, démontre leur savoir-faire et répondent aux multiples
questions posées par les visiteurs de tous âges.
Toutefois, le sujet n'est pas épuisé car longue est l'histoire de l'imprimerie à Rouen où elle
a eut un essor considérable dès l'origine de l'invention attribuée à Gutenberg : le nombre
important d'incunables conservés à la bibliothèque de la ville en témoigne.
Des noms comme Martin Morin qui exerça de 1484 à 1518, Guillaume Le Tailleur(1487),
Jacques Leforestier(1494), Robinet Macé et bien d'autres, pionniers de l'imprimerie à Rouen
devraient être connus de tous ; ils étaient d'une grande culture et n'étaient admis à la maîtrise
que s'ils savaient le grec et le latin. C'étaient des artistes qui pratiquaient
Cet art ingénieux
De peindre la parole et de parler aux yeux ;
Cet art qui, par l'effet de figures tracées,
Donne de la couleur et du corps aux pensées.
Que de choses pourraient nous dire ces machines préservées de la destruction pour être
léguées aux générations à venir ; elles ont exprimé toute la vie sociale, économique, politique
des lieux où elles traduisaient les pensées en écrits.
Ne manquez pas de venir rencontrer les typos à Expotec 103, au moulin Saint-Gilles : ils
savent parler aux machines, ils sauront vous traduire ce message.. .et aussi leur amour du
métier.

 


PRESSE MINERVE
ATELIER TYPOGRAPHIQUE