Le CHS a créé une roue à aubes installée au moulin Saint-Gilles.
Le système de dérivation du cours d’eau a aussi été aménagé.
La roue comme le système de dérivation fonctionnent parfaitement.
Mais la roue tourne dans le vide !
Nos ancêtres n’ont pas installé de tels mécanismes pour la seule beauté du paysage. Leur rôle premier était de transformer la force de cours d’eau en énergie motrice. L’exemple le plus courant est celui du moulin du meunier.
Le projet de mini centrale hydroélectrique est de parvenir à générer de l’électricité à partir du mouvement de la roue à aubes et ainsi lui redonner son rôle initial.
Le schéma de principe est déjà prêt !
Il a été dessiné par Jean Hoche et le voici :
Schéma de principe de la mini centrale hydroélectrique
Compliqué ? Mais non ! Enfin… pas après explication
La roue du CHS tourne à environ 2 tours par minute. C’est plutôt lent mais la force est là.
Pour pouvoir faire tourner un alternateur, une bestiole qui transforme un mouvement en électricité, il va falloir démultiplier la vitesse.
Roue à aubes du moulin Saint-Gilles
Cette démultiplication s’obtient par la combinaison de boîtes mécaniques et de poulies :
sur l’axe de la roue à aube sera fixée une roue de 2 mètres de diamètre qui tournera donc à 2 tours par minute,
cette roue est reliée par 5 courroies trapézoïdales à un axe de 40 centimètres de diamètre, le rapport de 2 m/40 cm donne un coefficient de 5, quand la roue de 2 m fait 2 tours par minute, l’axe de 40 cm en fait 10,
l’axe de 40 centimètres est celui d’une première boîte mécanique ayant un coefficient multiplicateur de 12, ce qui nous amène à 120 tours par minute,
la première boîte mécanique sera reliée à une deuxième boîte mécanique ayant un coefficient multiplicateur de 13, ce qui nous amène à 1560 tours par minute,
l’axe en sortie de la deuxième boîte mécanique recevra un axe d’environ 20 centimètres de diamètre qui tournera donc à 1560 tours par minute,
cet axe sera relié à l’axe de l’alternateur qui fera environ 10 centimètres de diamètre pour amener un dernier coefficient multiplicateur de 2 à 4 pour arriver à un objectif de 3000 tours par minute.
Pfiou !
Tout ça pour générer 2 kilowatts d’électricité. Mais le jeu en vaut la chandelle puisque ce seront 2 kilowatts gratuits !
Il existe un gros machin sous la machine à vapeur Crépelle habituellement plongé dans la pénombre : le récupérateur de vapeur.
Récupérateur de vapeur sous Ernestine
Ernestine étant désormais mue par air comprimée, le récupérateur n’est pas utile et avait été déconnecté.
Il reste néanmoins un élément indispensable de cette machine à vapeur. Son rôle est de récupérer la vapeur en sortie afin de la réinjecter dans la chaudière. La consommation d’eau s’en trouve ainsi extrêmement réduite.
Le but de la manœuvre est de reconnecter le récupérateur à Ernestine.
Partie à reconnecter
Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessus, il y a tout au plus une dizaine de centimètres à parcourir.
Sauf que :
le récupérateur est tout en acier (donc très lourd),
et il faut le positionner précisément.
Il va donc falloir placer dessous des barres afin de le faire rouler.
Christian et Lionel
Lionel sous Ernestine
Comme vous pouvez le constater sur la photo de droite, les lieux sont exigus.
On ne tient pas debout et il faut disposer d’un vêtement de travail si on ne veut pas raccourcir la durée de vie de ses vêtements du dimanche.
Il n’est également pas possible d’amener des équipements plus gros qu’un cric.
La méthode :
un cric,
des calles en bois,
deux barres,
beaucoup de patience,
un dos ou des genoux en bonne santé…
Une fois le récupérateur correctement positionné, il faudra ensuite utiliser une barre de liaison pour relier le relier à Ernestine.
Le récupérateur agit comme une pompe que la machine à vapeur va activer.
Il reste encore à installer une barre de liaison :
sans la barre de liaison
avec la barre de liaison
Visiblement la barre a souffert elle aussi de la rouille. De plus la photo est trompeuse puisque la barre n’est pas encore installée.
Christian
Lionel et Christian
Elle a été posée afin de pouvoir prendre des mesures et se rendre compte d’éventuels problèmes de décalage.
Il reste encore du travail, des pièces à ajuster, à nettoyer etc.
Vous trouverez ci-après une petite galerie photos des opérations.
L’ennemi naturel du CHS, exception faite du Trésor Public (mais c’est l’ennemi naturel de tous ), c’est la rouille !
Et c’est probablement l’aspect le plus démoralisant du travail du CHS. Expotec étant situé sur l’Aubette, l’humidité s’infiltre dans les bâtiments. Il nous arrive même en hiver de retrouver de la rosée sur les machines…
Il faut donc régulièrement passer un coup de papier de verre ou de tampon à récurer et finir par du gasoil appliqué au pinceau.
Nettoyage au papier de verre
Nettoyage au tampon à récurer
D’ailleurs, ce samedi 6 février, Christian et Lionel se sont occupé d’Ernestine avant de s’attaquer au déplacement du récupération de vapeur.
Vendredi 5 janvier, à partir de 17 h 15, le CHS organise une vente de pain et de brioches cuites dans le four banal de la Pannevert.
Cuisson de patisseries
Four banal de la Pannevert
Nos produits
Si vous ne connaissez pas encore le four banal de la Pannevert, sachez qu’il s’agit d’une réalisation de l’association. C’est une restauration d’un four en terre cuite pleinement fonctionnel !
Nos pains ont une très bonne conservation. Vous pourrez consommer la même boule pendant plusieurs jours.
Nous vous attendons nombreux ! Cette vente est aussi l’occasion de soutenir notre action en faveur de la culture industrielle autour de Rouen.
La vente se passe au four banal de la Pannevert, sur la route des Moulins. La carte ci-dessous vous permet de vous repérer.
Le CHS dispose d’une Linotype modèle 5. Si ont sait que cette série est apparue en février 1906, nous ne pouvons pas donner la date de fabrication de notre exemplaire.
Ce modèle est équipé d’un magazin unique mais léger, facilement interchangeable.
La Linotype a été utilisée pour la première fois à grande échelle par le New York Tribune en 1886. La société Linotype a continué d’en fabriquer jusqu’à la fin des années 1960.
Le système concurrent de la Linotype était la Monotype. Son principe différait sur les points suivants :
la Monotype générait des lignes de caractères mobiles là où la Linotype générait des lignes monoblocs,
la Monotype séparait la composition de la fonderie là où la Linotype combinait le tout en une seule machine (ce qui était un désavantage pour le saturnisme).
La Linotype était préférée pour l’édition de journaux car les lignes blocs étaient plus faciles à manipuler. L’intégration de la fonderie permettait également un gain de vitesse.
Les lignes produites par la Linotype ressemblent à ceci :
Exemples de lignes produites par la Linotype
Un des avantages de la Linotype comparée à la composition traditionnelle était que les lignes pouvaient être refondues une fois qu’elles avaient servi, donc pas besoin de ranger chaque lettre dans sa casse ! Un gain de temps appréciable.
Pour la refonte, on ne remettait pas les lignes directement dans le creuset de la Linotype. On utilisait une autre machine qui produisait des “sardines” :
Sardines de plomb
Elles pouvaient ensuite être accrochées au-dessus du creuset. Grâce à une mécanisme, elles plongeaient petit à petit dans le plomb en fusion pour maintenir un volume constant.
Creuset de la Linotype
Le creuset était chauffé soit au gaz, soit électriquement. Le modèle du CHS est électrique et affiche un thermostat indiquant une utilisation récente de cette Linotype (présence de LED).
Thermostat du creuset
Le clavier de la Linotype est complètement différent d’un clavier de PC (clavier de machine à écrire). Le chemin que doit suivre chaque matrice est parfaitement calculé pour éviter toute collision. La disposition du clavier de la Linotype n’a donc pas à ralentir la frappe de l’utilisateur comme c’était le cas sur les machines à écrire.
Ici les touches sont organisées de façon ergonomique : les minuscules et les majuscules ont chacune une touche dédiée là où le clavier de machine à écrire les regroupe sur une seule touche. On trouve également bon nombre de touches pour des caractères spéciaux.
Si jamais un caractère rare venait à manquer, il était possible de l’insérer manuellement.
Avant l’apparition de la Linotype, les lignes destinées à l’impression étaient composées lettre par lettre à la main. La Linotype a permis de remplacer cette opération par la fonte d’une ligne complète de plomb par l’utilisation d’un clavier.
La Linotype est une machine entièrement mécanique ! Il n’y a pas de circuit électronique et les premières versions fonctionnaient même sans électricité !
Les deux vidéos ci-dessous ne sont en fait qu’un seul et même filmde 35 minutes. Pour des raisons techniques, il a été scindé en 2 parties d’environ 17 minutes.
Le film permet de se rendre compte de tous les mouvements et mécanismes mis en jeu par une Linotype.
Ce film n’a pas été réalisé par le CHS (et pour cause, il date de 1960…). Il se trouve dans le domaine public et a été récupéré sur le site Internet Archive.
Il est en anglais mais les images sont suffisamment explicites pour comprendre les différents principes mis en œuvre même en coupant le son.
Par contre, ne vous fiez pas à l’apparente lenteur des mouvements et mécanismes de la machine, ils ont été ralentis afin d’en favoriser la compréhension.
Il y avait tellement de choses à voir aux journées du patrimoine 2009 à Expotec qu’il est préférable de s’en remettre à une vidéo pour s’imprégner de l’ambiance qui y régnait !
Au programme de cette vidéo d’environ 10 minutes :
présentation générale d’Expotec avec les visiteurs,
vente de fascicules,
four banal de la Pannevert, fournée et vente de pain et viennoiseries,
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