Google Books, le tant décrié, est une mine d’informations à qui s’intéresse à l’histoire du travail des hommes. Allons y faire un tour pour découvrir ce qu’était un typographe au 19e siècle.
Tout d’abord, il convient de s’accorder sur le sens du mot typographe.
Pour Wikipedia, il s’agit d’un artisan ou un ouvrier travaillant dans le domaine de la typographie, les deux principaux aspects du métier comprenant le compositeur (chargé de composer les textes en assemblant les caractères mobiles) et le pressier (chargé de faire fonctionner la presse typographique).
Ce que nous disent les livres de l’époque
Au 19e siècle, une réelle distinction était toutefois faite entre compositeur et pressier :
Ne confondez pas le typographe ou compositeur avec l’imprimeur ou pressier. Ces deux agents d’un art merveilleux sont séparés par un grand intervalle dans la hiérarchie des fonctions de l’imprimerie. L’un préside à la première transformation que subit la parole visible, l’autre ne fait que diriger la machine qui doit la répéter aux yeux par des milliers d’échos.
Autrement dit, le typographe travaillait du cerveau quand le pressier travaillait de ses bras.
Il était d’ailleurs un interlocuteur incontournable pour tout auteur à l’époque et, en tant que tel, se devait à un minimum de culture :
Un Typographe doit être un homme instruit ; il ne saurait en effet avoir des connaissances trop étendues dans les lettres, les sciences et les arts, car il est souvent consulté par les auteurs, et quelquefois même devient leur arbitre. Il n’arrive que trop souvent qu‘un auteur, pour se justifier de ses propres fautes, les rejette sur son imprimeur ; il importe donc que celui-ci puisse au besoin l’avertir de ses négligences. Dès-lors il s’associe en quelque sorte aux œuvres de son auteur, dont naturellement il est le premier juge, et, sous ce rapport, se rend responsable des ouvrages qui sortent de ses presses. S’il ne peut posséder à fond toutes les connaissances désirables, il doit au moins en entendre assez le langage et les termes, pour ne pas se trouver étranger à quelque manuscrit qu’on puisse lui présenter.
Il serait injuste d’exiger les mêmes connaissances de la part des ouvriers : cependant l’instruction ne peut jamais nuire ; et pour devenir un bon compositeur, l’apprenti doit avoir fait ses premières études, bien connaître la langue française, être instruit dans le latin, savoir au moins lire le grec ; et par la suite, s’il le peut, étudier quelque langue vivante.
Connaissances préliminaires – Manuel pratique et abrégé de la typographie française, 1826
seconde édition, page 30
Composteur, l’outil indispensable du typographe
Pour instruit qu’il fut, le typographe n’en restait pas moins ouvrier, avec la rémunération et le statut social que cela sous-entend.
Quelle est sa condition sociale ?
Dans quelle classe le ranger ?
Est-il artisan ou clerc ?
Est-il du peuple ou du monde ?
Il se sent déplacé quelque part qu’il se pose. La société, ce livre si méthodique, l’a oublié dans ses savantes divisions et dans sa table des matières. Il est ouvrier, car il vit de salaire, et il travaille pour un maître ; il est du peuple par son origine, ses alliances, les habitudes de sa vie ; et toutefois son instruction, sa coopération aux œuvres de l’esprit le rapprochent des classes les plus éminentes. Peu de carrières lui sont ouvertes ; si jamais il parvient à la fortune, ce sera par des voies non frayées. Vous pourrez le retrouver écrivain, artiste, homme de guerre, homme d’état, plutôt que maître imprimeur : il ne fera pas souche d’Elzevir, d’Estienne, de Didot. Il faut des capitaux ou du crédit pour fonder une maison d’imprimerie : le typographe est sans patrimoine, sans moyens de s’enrichir ou d’emprunter : ce n’est pas lui qui spéculera sur la dot de sa femme (si femme il prend) ; et quant à sa banque, c’est-à-dire son salaire de la semaine, il est rare qu’il la voie s’enfler par l’épargne et par la puissance de l’intérêt composé. La journée du typographe, et du plus habile, ne va guère au delà de six francs ; et, si vous supputez la somme de son revenu annuel, ne multipliez pas 365 par 6 : toutes les journées ne sont pas comptées au typographe ainsi qu’au fonctionnaire de l’état, comme journées de travail : déduisez, s’il vous plaît, les chômages forcés ou volontaires.
“Paris, ou le livre des cent-et-un” date de 1832, cela explique la haute tenue en estime que l’auteur a du typographe vis-à-vis de la machine :
La mécanique est déjà parvenue à disputer [au pressier] son emploi ; déjà, sans lui, l’encre sait se répandre sur les caractères assemblés et serrés dans un cadre ; la feuille blanche s’étendre sur la forme, se glisser sous la presse, et sortir de l’instrument muet empreinte de la pensée et de la voix du génie. Ainsi le pressier voit son poste envahi par un ouvrier plus laborieux que lui, et qui n’est pas, comme lui, sujet à la faim, à la fatigue, au sommeil.
Le typographe est à l’abri d’une semblable disgrâce : il défie la force de la matière de suppléer son activité intelligente : il n’est subtile combinaison de ressorts et d’engrenage qui puisse enseigner aux doigts d’un automate à chercher dans la casse le type correspondant au caractère écrit, et à le ranger dans le composteur : car il faudrait que l’automate sût lire.
L’auteur n’imaginait pas que, déjà, de nombreuses personnes pensaient à l’automatisation de la tâche du typographe et que cela aboutirait 50 ans plus tard à la création de machine dont la plus fameuse est la Linotype (1885) qui tiendra sa position pendant presque un siècle. Mais la Linotype n’était pas la seule car la photocomposition en étaient déjà à ses débuts bien qu’elle mettra plus de temps pour s’imposer et la détrôner.
Le 19e siècle est donc l’âge d’or du typographe.
Composition d’hier, composition d’aujourd’hui
Avec nos ordinateurs et imprimantes d’aujourd’hui, il n’est pas évident de se rendre compte du temps qu’un typographe pouvait passer à composer une page et à fortiori un livre.
Les typographes aguerris pouvaient composer à la vitesse de 750 ems par heure. Cela ne vous parle pas ? Un em correspond à la taille d’une lettre m.
Par exemple, les deux lignes suivantes font toutes les deux 10 ems :
mmmmmmmmmm
iiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiiii
Extrait du “Compositeur typographe”
La page situées à droite fait 26 ems de large et comporte 28 lignes, sans compter le titre et le numéro de la page.
Cela nous donne un total de 728 ems (28 lignes × 26 ems).
On peut estimer qu’il a fallu à peu près une heure au typographe pour la composer.
Le livre complet fait 410 pages. En extrapolant, il faut 35 journées de 12 heures (ils n’étaient pas aux 35 heures ) pour composer ce livre pour un typographe.
Il m’a fallu 3 minutes et 35 secondes pour la retaper, soit une vitesse d’environ 12000 ems par heure…
Comment expliquer cette différence ? Il y a plusieurs raisons. Le typographe doit d’abord récupérer dans une casse chaque caractère. Dans le cas d’une composition comme celle de droite, les personnes ayant les doigts fins sont avantagées car certaines cases peuvent faire 3 cm de large. Tout comme la personne frappant au clavier, la position des caractères finit par être sue par cœur mais une casse occupant 2 à 3 fois la surface d’un clavier de machine à écrire, les déplacements de la main sont plus longs. Ce qui entraîne une autre lenteur : le typographe tient le composteur de la main droite et récupère les caractères de la main gauche quand la frappe au clavier se fait avec les deux mains. Ajoutez à cela que le typographe vérifie le bon sens dans lequel il place le caractère, qu’il doit faire la justification de la ligne manuellement…
Si vous voulez vous rendre compte par vous-même de ce que représente cette tâche, nous serons heureux de mettre à votre disposition l’atelier typographique du CHS. Rien ne vaut l’exemple par la pratique !
Si vous consultez ce site de temps à autre, vous n’aurez sûrement pas manquer le fait que nous organisons les 1er et 3e vendredis de chaque mois une vente de pain.
Ces ventes sont une source de revenus pour l’association et lui permettent d’aborder de nouveaux projets.
Cette activité est très représentative des différentes actions du CHS : notre association n’a pas vocation à uniquement retaper des vestiges du passé mais également de leur redonner vie par l’activité des hommes.
Le four banal de la Pannevert a été démonté d’une ferme de la région, remonté et restauré à son emplacement actuel. Le rendez-vous bimensuel du vendredi est l’occasion de le faire fonctionner comme autrefois.
Fonctionnement du four
Schéma du four
Le four banal de la Pannevert est un four traditionnel à bois.
Il est tellement traditionnel qu’il n’y a pas d’électricité du tout ! Même pour la lumière
Il fonctionne sur le principe d’une cheminée de maison à la différence près que le conduit de la cheminée n’est pas en liaison directe avec le foyer comme le montre le schéma.
Une cheminée de maison est conçue pour rayonner et diffuser la chaleur générée par la combustion du bois.
Le four traditionnel est conçu pour garder la chaleur. Il faut donc en limiter les pertes, d’où l’utilisation de briques et d’argile.
Chauffer un four de ce type revient à allumer un feu dedans et de laisser les braises amener l’amener à bonne température (plus de 200°C).
Plusieurs paramètres influent sur le temps nécessaire pour atteindre la température voulue en fonction du type de pain souhaité :
la température,
l’humidité,
l’état du bois utilisé.
Préparation du four
Vérification de la température
L’utilisation régulière du four a permis à Franco et Georges, nos deux boulangers, de pouvoir en déterminer empiriquement la température.
Pour la déterminer plus finement, ils disposent d’un thermostat spécial, sorte de cadran sur une grande tige (environ 60 cm), qu’ils insèrent dans un trou prévu à cet effet sur la porte du four.
Il faut toutefois quelques minutes avant qu’il ne donne la valeur exacte.
Sur la photo, on peut voir Franco consultant le thermostat venant d’être installé (il n’affiche pas encore 50°C).
Cendres
Pour atteindre la température, on allume le four la veille pour le matin ou le matin pour le soir.
Une fois la température atteinte, il faut nettoyer le four.
Tout d’abord, les cendres doivent être retirées au moyen d’une grande raclette.
Elles sont extraites du four et tombent dans un bac prévu à cette effet au pied du four.
Sur la photo on peut voir les braises encore rouges.
Les cendres retirées du four, il faut ensuite le nettoyer.
Le but est quand même de pouvoir y faire cuire du pain
Franco nettoie le four
L’instrument utilisé est une sorte de balai-serpillière : un manche terminé par un gros morceau de tissu qu’on trempe dans l’eau pour nettoyer.
L’opération présente aussi l’avantage de réhumidifier l’intérieur du four qui a été très asséché par la température élevée.
Le four nettoyé, le pain va pouvoir être enfourné.
Mais pour cela, la pâte aura été préparée à l’avance au Moulin Saint-Gilles (Expotec) car c’est là-bas que se trouve le pétrin, machine indispensable pour réaliser le mélange des ingrédients.
C’est la petite entorse au côté traditionnel du pain du CHS. Il est techniquement possible de s’en passer mais c’est un peu plus… fatigant.
Réalisation de la pâte
Ingrédients
Les ingrédients de base de la pâte à pain sont :
la farine,
la levure,
l’eau.
On trouve très fréquemment du sel pour le goût dans les ingrédients même s’il n’est pas indispensable (il existe du pain sans sel).
Les ingrédients sont mélangés dans un pétrin. Il s’agit d’un grand bol tournant dans lequel tourne une barre en tire-bouchon.
Pétrin
Quand les ingrédients sont suffisamment bien mélangés, ils forment une pâte que Georges place dans des bacs. La pâte va ensuite gonfler sous l’effet de la levure.
Pâte à pain
Façonnage de la pâte
Georges et Franco façonnent la pâte
Après avoir reposé, la pâte peut être amené du Moulin Saint-Gilles au four banal de la Pannevert.
Il s’agit alors de la façonner pour lui donner la forme et le poids désiré.
Un plan de travail en inox est utilisé sur lequel un peu de farine est éparpillée afin d’éviter que la pâte ne colle (on parle de plan fleuré).
La forme définitive du pain dépend également d’entailles réalisées juste avant l’enfournage au moyen d’une lame de rasoir (pain traditionnel et pain brié) ou d’une paire de ciseaux (les petites pointes sur les brioches).
Protection du pain
Comme il n’est pas évident de synchroniser la température du four avec la préparation des portions de pain, on protège ces derniers de la poussière au moins d’un tissu.
Poussière ? Oui car le fait de sortir les cendres du four va forcément en générer.
La plaque est ensuite placé dans une armoire spéciale jusqu’à ce que le four soit prêt.
La cuisson en elle-même est probablement ce qui prend le moins de temps par rapport à la préparation du four et à la réalisation de la pâte.
Les travaux autour du projet de mini centrale hydroélectrique continuent.
Afin d’adapter la poulie de 2 mètres à l’axe de la roue à aubes, Daniel a usiné deux disques de frein de camion. Usagés, les disques de frein ! Au prix de la bestiole, on ne se permet ce genre de fantaisie
Il se trouve que les 2 disques avaient presque les dimensions requises pour faire l’affaire.
L’usinage se fait à la fois sur le diamètre externe et le diamètre interne.
Usinage d’un disque de frein au moyen d’un tour
Autre pièce en préparation : l’alternateur.
Jean a récupéré un alternateur de groupe électrogène dans une casse. Il a fallu lui refaire quelques pièces (roulement à billes etc.) mais il est en parfait état de fonctionnement. Jean a mis au point un banc de test :
Banc de test de l’alternateur
L’alternateur est en jaune, le moteur à droite. Le résultat est un tantinet bruyant mais capable d’alimenter un lampe halogène.
Le montage final nécessitera la mise au point d’un régulateur de tension. En effet, la tension en sortie de l’alternateur dépend du nombre de tours par minute. Or, si cette vitesse est contrôlable sur un groupe électrogène, elle ne l’est plus sur la roue à aubes dont la vitesse dépend du débit du cours d’eau.
Le schéma de principe de la mini-centrale hydroélectrique présentée lors d’un précédent billet ne permettait pas d’imaginer le résultat final. Corrigeons cela avec le schéma ci-dessous :
Éléments de la mini centrale
Petit imprévu de ce dernier samedi : la grande poulie n’était pas dans le bon sens. Il a fallu la lever.
Levage de la grande poulie
Une petite galerie photo pour terminer. Ne vous faites pas avoir : il y a des anciennes photos et des nouvelles !
Il y a une semaine, Christian et Sébastien ont poursuivi la remise en service du condenseur (pompe à air).
Ils se sont attaqué à la bielle. Un grand nettoyage s’imposait !
La première étape consistait à laisser tremper les différentes pièces dans du gazole pendant plusieurs jours semaine afin d’enlever sans effort les graisses, huiles et autres poussières accumulées.
Ensuite un peu d’huile de coude, quelques mètres de papier de verre et de la patience sont nécessaire pour nettoyer les pièces métalliques des différentes traces de rouille et autres dégats du temps.
Christian et Sébastien au nettoyage
Les pièces une fois nettoyées doivent être remontées sur la bielle.
Remontage de la bielle
Aujourd’hui, pour obtenir une pièce aux fonctionnalités identiques, on utiliserait un roulement à billes. La machine à vapeur Crépelle est de 1913, date à laquelle les roulements à billes en acier était déjà utilisés dans les vélos (≃ 1890) et peu après dans l’automobile. Il est probable que la conception technique d’Ernestine soit antérieure ou que les roulements à billes de l’époque n’était pas utilisable sur ce type de mécanique.
Ce qui nous amène à une petite explication du système utilisé :
Schéma du système
Faire frotter de l’acier sur de l’acier n’est pas bon (chauffe, usure). C’est pourquoi il y a 2 pièces de bronze (représentées sur la droite du schéma) destinées à accueillir l’axe. Ces 2 pièces sont rainurées (visible sur la pièce en bas à droite) afin de pouvoir huiler le système.
Un autre point particulier à noter : pour ajuster les pièces de bronzes, 2 pièces en acier coulissant l’une sur l’autre sont utilisées. Elles sont de profil trapézoïdal. Cette astuce permet d’obtenir 2 bords parallèles (voir // sur le schéma) dont on peut diminuer ou augmenter la distance.
C’est également un système n’utilisant aucune vis !
En exclusivité mondiale, parce que vous en mourriez d’envie, voici le programme du projet de mini centrale hydroélectrique !
Le projet se décompose comme suit :
préparation de la poulie de 2 mètres de diamètre (tronçonnage + peinture),
récupération d’un alternateur (voire de plusieurs),
alésage d’une poulie trapézoïdale de 40 centimètres de diamètre,
reprise de l’axe de l’alternateur + petite poulie,
soulèvement de l’axe de la roue à aubes pour passer les courroies (environ 25 millimètres),
déplacement de l’armoire électrique,
récupération de 2 profilés à fixer au sol,
fabrication de 4 demi bagues pour fixer la poulie de 2 mètres sur l’axe de la roue à aubes,
montage de la poulie de 2 mètres sur l’axe de la roue à aubes,
fabrication du manchon d’accouplement reliant les 2 boîtes mécaniques,
fabrication de la poulie trapézoïdale de 20 centimètres de diamètre,
montage des boîtes mécaniques sur les profilés au sol et de l’alternateur,
essai de l’alternateur et réalisation d’un régulateur de tension 220 volts.
Alternateur de la Dujardin
Le premier point a déjà été réalisé. La poulie de 2 mètres de diamètre est en fait celle qui servait à la machine à vapeur Dujardin.
Son rôle était déjà d’entraîner l’alternateur accompagnant la Dujardin.
La poulie étant trop large, elle nécessite d’être tronçonnée.
Et peinte ! Cette opération est plus aisée quand la poulie n’est pas encore fixée sur son axe.
On peut voir dans le coin en bas à droite de la photo de l’alternateur la courroie trapézoïdale.
L’opération a donné le résultat suivant :
Poulie tronçonnée et peinte
Le rouge n’est pas une couleur habituelle pour ce type d’équipement mais c’est tellement plus sympa à présenter…
L’axe de la roue à aubes était déjà équipé d’une petite poulie. Michel a du la démonter afin que l’axe puisse accueillir la grande poulie.
Michel démontant l’ancienne poulie
La grande poulie étant en 2 morceaux, il faut préparer de quoi la fixer. Yvon et Michel ont travaillé sur deux grandes vis. Récupération oblige, les vis doivent être travaillée.
Yvon et Michel meulent des grandes vis
Petit souci : après un premier test, il s’avère que les écrous papillon butent avant d’arriver au bout. Il faut donc prendre des mesure pour fabriquer des entretoises.
Les écrous papillon ne vont pas jusqu’au bout, il faut fabriquer des entretoises
La réalisation des entretoises se fait très simplement : il faut découper des morceaux dans un tuyau dont le diamètre intérieur est tout juste supérieur au diamètre des grandes vis.
Et pour le découpage, le CHS dispose de la scie alternative, rustique mais efficace.
Michel réalise une entretoise sur la scie alternative
Le CHS a créé une roue à aubes installée au moulin Saint-Gilles.
Le système de dérivation du cours d’eau a aussi été aménagé.
La roue comme le système de dérivation fonctionnent parfaitement.
Mais la roue tourne dans le vide !
Nos ancêtres n’ont pas installé de tels mécanismes pour la seule beauté du paysage. Leur rôle premier était de transformer la force de cours d’eau en énergie motrice. L’exemple le plus courant est celui du moulin du meunier.
Le projet de mini centrale hydroélectrique est de parvenir à générer de l’électricité à partir du mouvement de la roue à aubes et ainsi lui redonner son rôle initial.
Le schéma de principe est déjà prêt !
Il a été dessiné par Jean Hoche et le voici :
Schéma de principe de la mini centrale hydroélectrique
Compliqué ? Mais non ! Enfin… pas après explication
La roue du CHS tourne à environ 2 tours par minute. C’est plutôt lent mais la force est là.
Pour pouvoir faire tourner un alternateur, une bestiole qui transforme un mouvement en électricité, il va falloir démultiplier la vitesse.
Roue à aubes du moulin Saint-Gilles
Cette démultiplication s’obtient par la combinaison de boîtes mécaniques et de poulies :
sur l’axe de la roue à aube sera fixée une roue de 2 mètres de diamètre qui tournera donc à 2 tours par minute,
cette roue est reliée par 5 courroies trapézoïdales à un axe de 40 centimètres de diamètre, le rapport de 2 m/40 cm donne un coefficient de 5, quand la roue de 2 m fait 2 tours par minute, l’axe de 40 cm en fait 10,
l’axe de 40 centimètres est celui d’une première boîte mécanique ayant un coefficient multiplicateur de 12, ce qui nous amène à 120 tours par minute,
la première boîte mécanique sera reliée à une deuxième boîte mécanique ayant un coefficient multiplicateur de 13, ce qui nous amène à 1560 tours par minute,
l’axe en sortie de la deuxième boîte mécanique recevra un axe d’environ 20 centimètres de diamètre qui tournera donc à 1560 tours par minute,
cet axe sera relié à l’axe de l’alternateur qui fera environ 10 centimètres de diamètre pour amener un dernier coefficient multiplicateur de 2 à 4 pour arriver à un objectif de 3000 tours par minute.
Pfiou !
Tout ça pour générer 2 kilowatts d’électricité. Mais le jeu en vaut la chandelle puisque ce seront 2 kilowatts gratuits !
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